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Je ne suis pas reconnaissante : ce soir, je dis à l’injonction à la gratitude




On parle souvent de gratitude comme d’une évidence. Comme d’un passage obligé. Comme si, à chaque instant, on devait remercier. Pour tout. Pour rien. Pour des miettes.


Mais moi, ce soir, je dis non.


Non, je ne suis pas reconnaissante. Pas aujourd’hui. Pas maintenant. Pas parce qu’on me le demande, pas parce qu’on l’attend de moi. Parce que la gratitude forcée n’a pas de goût, parce qu’un “merci” qui sonne creux, c’est juste du vent.


Je n’ai pas envie de faire semblant. Pas envie de jouer la comédie de la fille bien élevée qui sourit et qui acquiesce. On nous apprend que ne pas dire merci, c’est mal. Que ne pas être reconnaissante, c’est être ingrate. Mais qui décide de ça ? Qui impose ces règles invisibles ?


Je refuse d’être enfermée dans ce labyrinthe d’obligations, dans ces chemins tracés d’avance où chaque détour est une injonction. Ici, on pense, on doute, on questionne. On ose dire ce qui dérange, ce qui gratte, ce qui brûle un peu.


Il y a un poids immense derrière cette obligation de gratitude. Un poids social, un poids moral, un poids invisible qui s’accroche à nous dès que l’on ne “rend” pas ce qu’on nous a donné. Pourquoi faut-il toujours être redevable ? Pourquoi ne pouvons-nous pas simplement accepter ce qui vient sans devoir constamment en rendre l’équivalent ? La reconnaissance ne devrait-elle pas être un sentiment libre, spontanée, au lieu d’une obligation imposée ?


Quand je ne dis pas merci, ce n’est pas par manque de respect, mais parce que je choisis de vivre autrement. Je choisis de ne pas me plier à un cadre, une norme qui m’enferme. Je choisis de m’échapper, de me libérer de cette pression invisible. Et cela me fait du bien.


Peut-être que demain, je serai reconnaissante. Peut-être que demain, j’aurai envie de dire merci. Mais ce soir, non. Ce soir, je choisis de me défaire de ce masque social. Je choisis de me confronter à ce silence qui, paradoxalement, me rend plus forte. Ce silence qui me permet d’explorer une autre forme de liberté.


Parce que ne pas être reconnaissante, c’est aussi un acte de rébellion. Un refus de suivre un chemin tout tracé, un chemin où l’on attend de nous qu’on suive sans jamais questionner. Je choisis de sortir de ce labyrinthe où l’on veut nous maintenir.


Et toi, tu suis le chemin ou tu oses en sortir ? Tu te contentes de ce qu’on te dit ou tu oses dire non ?


 
 
 

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